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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 11:37

La popularité de la candidate phare du PS a de quoi impressionner. Tout le monde semble s'accorder sur son absence de programme, le réchauffé de ses idées, la mise en scène de ses interventions. Elle fuit les débats, reprends à son compte les idées du PS et de l'UMP.
Tout le monde le sait.
Et pourtant, "elle monte encore" !
Quelles leçons tirer d'une telle situation ?

Ségolène est un "produit" impeccable, en réponse parfaite aux attentes du consommateur-électeur d'aujourd'hui. L'analyse comparative de C. Blachas, concise et percutante le relève bien (CB News, 25/08/2006). Face à ses "vieux mammouths", la politique a besoin de sang frais, d'un nouveau packaging. Ségolène Royale est cet emballage. Nicolas Sarkozy, sont rival rive droite, a aussi cet attrait de la nouveauté, mais il est déjà plus terni par les médias que Ségolène (s'exposer au soleil efface les couleurs!), et son profil, plus tourné vers l'action, a déjà quelques  maladresses à essuyer auprès de l'opinion publique. Tracas dont Ségolène, qui pour le moment n'a rien acté, n'a guère à se soucier.

D'autre part, l'animosité que manifestent les autres candidats potentiels du PS envers la favorite fait de cette dernière une sorte de victime. Et dans un contexte mondial (Tsunami, Katrina, tremblements de terre...) qui promeut au rang de stars les victimes (et va chercher dans la culpabilité des citoyens épargnés le sens de ses actions, également fonds de commerce pour les médias), la dame du PS ne pouvait rêver meilleure communication. "Regardez-les, égoïstes et mégalos! Vous veulent-ils plus de bien que moi, mère de famille et démago ?" pourrait dire Mme Royale.

En 2002, nous avions pu faire un autre constat: le peuple parle plus avec ses tripes que son cerveau. (Quelle ironie de se scandaliser devant des résultats électoraux quand on vit en démocratie !). Mais elles lui bouchent aussi les oreilles. Dans un quotidien qui étale à tout va les émotions, et les pervertie à force de les surexposer, comment adapter son oreille à des discours moins sentimentaux ? Les journaux, les publicités, les émissions TV débordent de sentimentalisme. En témoigne le succès grandissant des journaux « people » qui affichent une santé arrogante face aux journaux d’information classique (Closer : plus de 450 000 ex. diffusés par numéro dès la première année ! – les chiffres de l’OJD de la presse people parlent d’eux même).

C’est clair : la campagne électorale ne se déroulera pas dans les débats et les revues économiques, mais dans les pages people des journaux. Ne soyons pas surpris de lire dans un papier en 2007 le titre suivant : « Second tour : Ségolène contre Cécilia ».

Par Eliot - Publié dans : Actu
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Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /2006 09:01

Pas facile d'être fumeur de nos jours ! Les mesures prises contre les fumeurs.. pardon! pour les fumeurs se succèdent et ne se ressemblent pas... Pour rappel (en vrac, liste non exhaustive):
- Augmentation régulière du prix du tabac
- Création des espaces fumeurs
- Interdiction du tabac dans le métro
- Réglementation du tabac dans les bureaux
- Impression d'avertissements sur les paquets de cigarettes
- Diabolisation régulière des "pauvres" fumeurs dans la presse et les médias
- Interdiction de fumer dans les espaces publics (2007)
- Interdiction de travailler...
Qu'on ne se méprenne pas : étant non fumeur, et me passant très bien de l'odeur de fumée, toutes ces mesures ne sont pas accueillies avec le même scepticisme.
Cependant, j'ai vraiment l'impression que l'on cherche un bouc émissaire.
Qui "on"? Les politiques? L'Elite bien pensante? Le "5ème pouvoir"?
Un bouc émissaire pour quoi? Oublier la crise? Entretenir les psychoses -SRAS, grippe aviaire, vache folle, SIDA... cancer (+63% en 20 ans)- ? Oublier les banlieues ?

Sans pousser si loin la réflexion, me reviennent juste en tête ces mots de Milan Kundera, expliquant comment la Russie  manipula l'opinion Tchèque après guerre : « Il fallait d’abord entraîner [leur agressivité] contre une cible provisoire. Cette cible, se furent les animaux. (…) Un an plus tard, la rancœur accumulée (…) fut pointée sur sa véritable cible : l’homme. Les licenciements, les arrestations, les procès commencèrent. » (M. Kundera, in L’insoutenable légèreté de l’être, Folio, p. 420).

Des sets de table qui ne sont pas sans rappler certaines affiches de 1940...

Par Eliot - Publié dans : Actu
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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 15:05

Après l'annonce jeudi 31, de la mort de Glenn Ford, annoncée comme la disparition d'un des derniers "grands" d'Hollywood, je me suis demandé si la mort de Georges Clooney ou Julia Roberts aurait droit aux mêmes superlatifs. Idem pour Jacques Chirac, Alan Greenspan, etc.

J'ai parfois l'impression qu'il y a eu un "monde d'avant", un monde en noir et blanc auquel appartiennent James Dean, Lino Ventura, François Mitterrand, Charles de Gaulle... Un monde où certaines personnes arrivent à s'extraire de la masse, pour briller ou commander.
Un monde qui a laissé la place à une tornade de couleurs, qui absorbe tout et diffuse tout. Un maelström où les présidents côtoient les prisonniers dans les pages people des magazines. Un monde où tout le monde se jette à corps perdu dans une cacophonie générale. Un monde où les prétendants à la présidence font des blogs (ici ou ), aux côtés de la "Starhack", dans une spirale de nivellisation par le bas? le haut? le moyen?

La Terre: ratatouille cosmique en rotation autour du Soleil ?

Par Eliot - Publié dans : Actu
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Lundi 4 septembre 2006 1 04 /09 /2006 21:25

Le constat suivant va sans doute faire siffler quelques oreilles, et je concède que c'est une opinion un peu tranchée et probablement dépassée. Cependant, il me semble que les opposants à l'inauguration de la Place Jean-Paul II, qui font porter au défunt Pape la mort de 25 millions de séropositifs, pour motif que ce dernier interdit le port du préservatif, oublient quelques "détails".
En effet, dans la religion Catholique, les hommes et les femmes ne sont pas censés avoir de relation sexuelles avant le mariage, et se jurent ensuite fidélité devant Dieu, "jusqu'à ce que la mort [les] séparent".
En conséquence toute personne qui, écoutant le Pape, décide de ne pas se protéger lors de rapport sexuels, se doit de l'écouter dans son intégralité et donc de n'avoir qu'une partenaire au cours de sa vie. Les risques de propagation de MST s'en trouvent grandement réduits !

En conclusion : soit on écoute le Pape à 100 %, et il n'y a pas trop de problèmes, soit on ne l'écoute pas du tout et ca peut passer... mais si on ne l'écoute que d'une oreille, il faut faire attention à choisir le "bon" discours...

(évidement, pour en connaître plus sur les moyens de se protéger du sida, un seul site: sida info service! Pour relire une analyse "bien catho" de son discours, c'est ici, et l'article du Monde sur l'inauguration)

 

Par Eliot - Publié dans : Actu
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Mercredi 6 septembre 2006 3 06 /09 /2006 09:43

Impossible ? Pas tant que cela ! Dans une société qui crache sur ses élites, dénigre ses politiques (voir aussi ce billet), fais la part belle à des quidams dont les exploits grammaticaux défraient la chronique ("Ile de la Tentation " et autre "Loft"), et où les politiques se voient faire campagne dans les journaux people aux côté de peoples (merci Johnny !), il ne faut plus s'étonner de rien !

 L'information nous arrive en masse, mais, pris par son "haut débit", nous ne prenons plus le temps d'analyser. Nous engrangeons à tout va, mais, faute de prise de recul, la réflexion est lésée, au profit du ressenti. On en vient à penser et parler avec ses tripes. L'image remplace les mots, à l'exemple de ces nouveaux magazines "BD" qui se composent à 60% d'images et 40% de rédaction (programme TV inclus). Il importe plus d'être bien perçu que d'être bien compris, et les présidentiables ne l'ont que trop bien saisi.

 Cette société, où l'individu n'a que des droits et aucun devoir (si ce n'est envers les "victimes" = environnement menacé, citoyens délocalisés, SDF, tsunami et autre Katerina, si possible bien loin de chez soi, comme cela, un simple chèque suffit à s'acquitter de ses devoirs...), où on donne autant la parole à Mme Michu qu'à un professeur ès Economie pour juger et décider d'une politique nationale, n'est peut-être pas un régime totalitaire, mais le résultat est presque identique : le Politique se voit contraint de penser à court terme, tente de satisfaire tout le monde (ce qui est bien sur impossible) et fini par ne rien faire. Le terme qui défini ce régime, je l'ai lu hier dans l'édito des Enjeux de septembre (dont je recommande la lecture) : "Michucratie": "le gouvernement de madame Michu, "experte légitime" en tout" (F. Lenglet, p.7). (Tiens, l'utilisation à tout va du terme "légitime" vaut à lui seul un billet... à suivre!).

 


 

L'aboutissement de la Michucratie : en lisant ce matin dans Le Parisien que monsieur Jospin allait très probablement se présenter comme candidat socialiste à la Présidence, je me dis "Pourvu qu'ils n'envoient pas deux candidats aux législatives !" Sinon, nous aurons droit à un remake de 2002...

 

 

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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 14:13

La fracture de Djibril Cissé lors du match amical contre la Chine avant le mondial 2006, m'a fait prendre conscience de l'importance des dopants et de leur utilisation dans le milieu sportif. Bonne poire, je pensais que seul le cyclisme était concerné, avec l' EPO ! Et j'apprends après quelques recherches que beaucoup de sportifs utilisent des potions magiques en entrainement et en compétition (l'EPO est détectable dans les trois jours suivant la prise, mais agit pendant 2 à 3 semaines...). Un constant amusant fait sur Wikipedia : L'amélioration de la vitesse des cyclistes utilisant de l'EPO est parfois évaluée à environ 10% (chiffre qui coïncide, par ailleurs, avec l'augmentation de la vitesse moyenne sur le Tour de France de cyclisme depuis le début des années 1990, c'est-à-dire depuis les débuts de l'utilisation de l'EPO dans le peloton...).
Le rapport avec la fracture d'un footballeur ? les corticoïdes et l'EPO (dans une moindre mesure) présentent l'inconvénient (entre autre !) de fragiliser les os...

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Lundi 18 septembre 2006 1 18 /09 /2006 22:35

Une vidéo qui tourne sur le net depuis déjà quelques mois, mais qui complète bien mon précédent billet sur les fumeurs... Merci Groland !


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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /2006 11:01

Sur l'intervention de Benoît XVI et les réactions, comme d'habitude excessives de tous bords, je ne peux que recommander cette analyse d'Antoine Sfeir, directeur de la rédaction des Cahiers de l'Orient. C'est un peu long, donc évidemment, il faudra prendre le temps de lire et un peu de recule, ce qui est aujourd'hui, j'en ai bien conscience, un véritable luxe. Veuillez m'en excuser...

Par Eliot - Publié dans : Actu
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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 00:04

... des médias dans les blogs !

Les unes de journaux sur les blogs ne manquent pas, et notamment en cette fin d'année. La reprise à leur compte par les politiques de ce moyen de communication n'y est pas pour rien (blogs de Sarkozy, Jospin, Ségo...). Le summum semble avoir été atteint par l'invitation faite par M. Sarkozy à 12 blogeurs de se joindre à son meeting de Marseille début septembre. Le billet posté par Daniel Schneidermann suite à cette convocation m'a un peu fait cogiter. En substance, D.Schneidermann reproche aux blogeurs d'être rentrés dans les rangs, de n'avoir pas su jouer leur rôle de journalistes impertinents, et de conclure par "Sarko a mis les blogeurs dans sa poche".

Je ne vais pas commenter cette analyse, ce que les quelques 142 commentaires font très bien pour moi. Cependant, il me semble que c'est l'occasion de se poser quelques questions sur le blog et les médias, le blog en tant que média.
Je pense que l'invitation de Sarkozy aux blogeurs a ceci de fort en ce qu'elle donne au blog une place dans les débats, dans la vie politique. Et il me semble que ces blogeurs, tout à leur étonnement de se retrouver sous les feux de la rampe, légitimés et crédibilisés ont été un peu sonnés. Ils ont du se dire que cette reconnaissance, de la part des médias traditionnels, de la part des politiques, ne pouvait se solder par une "trahison". Ils se sont donc alignés sur les recos de Sarko.

L'univers des blogs cherche encore à se définir, et se caractérise par plusieurs antagonismes, qui font sa force et sa faiblesse :
- le blog s’impose comme un média de plus, aux côtés de la TV, la Radio et les journaux. On voit déjà des blogeurs mener des débats, poser des questions, et faire des rapports indépendants, autonomes dans leur façon de traiter l'actualité. Une dizaine de blog a déjà rejoindre nos favoris dans la section "Revue de Presse", avec autant de légitimité que lemonde.fr. Il est vrai que ce sont souvent des blogs tenus par des professionnels (soit journaliste, soit dans le secteur traité par le blog).
- le blog est aussi une réflexion initiée par des individus auprès d'une communauté, sans l'appui de spécialistes, et avec la limite des connaissances qui sont les leurs. Si cela laisse la place aux amateurs éclairés, c’est aussi la porte ouverte à tout type de déclarations et allégations. Cela exige de la part de l’internaute un sens critique beaucoup plus développé.

Reste quand même, avec la prolifération des gratuits, l’impression de faire face à une déferlante de contenus offline et online, de qualité plus ou moins valable.

Réflexion à suivre…

 

Par Eliot - Publié dans : Actu
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /2006 12:08

A se fier uniquement à la presse et à la télévision, on a l'impression que les élections s'articulent autour de deux candidats, de deux partis. Et ce malgré la tendance depuis une dizaine de jours à annoncer l'émergence d'un "troisième homme".. voire quatrième, cinquième, etc. D'où deux questions :
- le premier tour est-il déjà aquît ?
- la République ne perd-t-elle pas un peu de démocratie, si tant est que la démocratie soit quantifiable ?

La première question soulève de suite le spectre de 2002. Non, rien n'est joué tant que les Français ne sont pas passés par les urnes. Nous ne sommes pas à l'abri d'une bonne, comme d'une mauvaise surprise.

La seconde question est plus subtile. En effet, réduire le nombre de candidats, c'est augmenter la possibilité de se retrouver sans extrêmes au second tour, et donc face à un véritable choix aussi au second tour (pour la majorité des votants en tout cas !). La situation prend de suite une tournure paradoxale : il faut réduire le choix pour avoir le choix plus longtemps... ou augmenter le nombre d'options au risque de ne plus en avoir très tôt ! C'est là l'effet pervers des statistiques et pourcentages. Un peu comme en 2002, où grosso modo, les 45/50 % des Français qui avaient voté à gauche (tout parti confondu) se retrouvaient comme bayonnés au second tour.

Affaire à suivre...

Par Eliot - Publié dans : Actu
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