Nous sommes tous des numéros

Publié le par Glopf


La réforme européenne du système d'immatriculation qui interviendra à partir du 1er janvier 2009 a suscité un tollé monstre, sans aucun rapport avec le degré anecdotique d’une telle mesure. En effet, pour certains, l'attribution d'un numéro à vie pour chaque véhicule a marqué la fin incompréhensible d'une glorieuse époque. Celle des DS, GS et autres Peugeot 205... Une pétition a même circulé au Parlement pour conserver vaille que vaille la numérotation actuelle. Objectivement, ce changement est-il nécessaire ? Oui, car notre système chiffré est à bout de souffle. « Le vieillissement du système de gestion des cartes grises et des serveurs informatiques ont atteint leurs limites. Il était donc devenu indispensable de modifier en profondeur le système d'immatriculation ». C'est l’une des raisons invoquées par le ministère Place Beauvau, qui doit faire évoluer son fichier afin de repérer plus efficacement les véhicules volés. Dans un registre plus personnel, s’il y en a un qui ne regrettera pas la disparition de ces fameuses plaques, c’est bien votre serviteur ! Moi qui, au lendemain d’une soirée bien arrosée chez un ami à Paris, eus le déplaisir de découvrir ma voiture « visitée », avec bris de glace, porte enfoncée et tout le toutim. Et mon ami de m’expliquer - ce qu'une gendarmette m’a confirmé par la suite lors de mon dépôt de plainte - que ma plaque de provincial hors 75 avait en fait grandement facilité la tâche des voleurs. C’est bien connu, le provincial a toujours tendance à laisser ses bagages dans son coffre lorsqu'il visite la capitale. Sur 20 voitures garées dans la rue cette nuit-là (19 immatriculées 75, 1 en 74) la mienne fut la seule braquée ! Un délit de numéro, en quelque sorte. Les malheureux Marseillais (13) qui ont dans une absence stationné leurs autos près du Parc de Princes un soir de match me comprendront… Et inversement pour les Parisiens, aux abords du Vélodrome ! Mais les nostalgiques des plaques minéralogiques n’ont pas dit leur dernier mot. Dans un ultime sursaut, ils clament haut et fort que c’en est fini de l’enseignement ludique des numéros de départements pour les bambins qui s’ennuient et qui geignent à l’arrière des berlines. Un, ils ne le savent pas encore mais les départements sont voués à disparaître (cf. le rapport Attali). Deux, ils ignorent aussi que depuis quelques étés, les lecteurs de DVD et autres consoles portatives ont envahi les habitacles des monospaces climatisés et que les enfants ont quitté des yeux la route des vacances. La fin d'une époque on vous dit !
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Publié dans A qui le dites-vous

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A
Il est évident que les habitants du département du Rhône (69) sont favorables à la réforme.Un seul regret, le joli jeu de mots de l'Ain...Et pour les bambins sans DS (la console, pas la voiture), il restera la joie des pays d'origine : SF, AUS ou LV, que de pièges qu'il va falloir connaître !
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