Epitaphe Terrestre

Publié le par Eliot

En allant faire mes courses de Noël à la Fnac (eh oui ! personne n'y coupe !), j'ai été surpris par le nombre de supports photos vendus sur la Terre. Que ce soit le traditionnel La Terre vue du Ciel, mais aussi des agendas, des albums, des "Un jour, une photo", des mappemondes, etc.
Que ce soit de la Terre, de la France, de l'Australie, etc. toute la planète semble être photographiée, archivée, placardée. En petit, en moyen et en grand format, en 2 D ou en 3 D.


Un peu comme quand une idole vient de mourir, et qu'on rassemble et publie ses meilleurs moments, sous forme de compiles, disponibles en coffrets collectors. "La Terre : du confins de l'Alaska au sommet du WTC, ses meilleures vues enfin disponibles !"

La photo a ceci de passionnant et d'étonnant qu'elle fige. C'est à dire que tout en diffusant, elle enferme. Elle coupe et préserve. Elle isole certaines vues, en fait oublier d'autres. Elle rassure aussi : "oui oui ! ça (a) existe(é) !". Mais elle n'évolue pas et force en un sens la mémoire, l’archivage, l’isolation temporelle. Tous ces paysages semblent si loin… maintenant qu’on les a en photos dans nos chambres, ils peuvent bien disparaître, ça n’y changera au final pas grand-chose…

Oui, c'est bizarre comme j'ai eu l'impression qu'on enterrait la Terre sous des tonnes de papier Kodak... vous me direz, à un moment où on cherche à la ressusciter, ce n’est peut-être pas si contradictoire...
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Publié dans A qui le dites-vous

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