American Identity

Publié le par Eliot

(A lire APRES avoir vu La Vengeance dans la Peau !
Attention je raconte la fin du film !)

Je suis allé voir ce week-end The Bourne Ultimatum, film d'action sympathique et bon vivant, qui a su me tenir éveillé malgré la nuit blanche que j'avais dû encaisser (suite à un anniversaire ET à la réalisation de la v2 d'un autre blog, si si !).

Loin des propos tenus par Antho (mais je n'ai pas vu le 2e épisode de la saga), j'ai trouvé que le film était un "bon gros film d'action américain", saupoudré de quelques moments de réflexion intéressants. Oui, on pourra reprocher au réalisateur de n'avoir pas pousser l'introspection du héros à son maximum (loin s'en faut !), et reconnaître que si tout le monde s'en tirait aussi bien que Jason Bourne après un carambolage massif, le nombre de blessés sur la route serait au moins divisé par 1000 !

Cependant, il est intéressant de voir comment l'Amérique traite ses héros, dans un monde que l'on qualifie maintenant de "post-september 11". Je vous invite à lire pour le coup l'analyse faite par Télérama, et l'interview de Matt Damon sur la trilogie : "Je pense qu’elle reflète l’état d’esprit de l’Amérique aujourd’hui : ce n’est pas dans la nature du pays d’être une puissance militaire gouvernée par un exécutif qui s’est arrogé tous les droits."

Entre Spiderman, Jason Bourne, Wolverine, mais aussi dans une autre mesure Edward Wilson, les héros reflètent la perte de confiance et les doutes qui s'emparent de la société occidentale en générale et américaine en particulier. Sont ainsi remises en questions les motivations des héros (qui tire réellement profit de mes actions ? quelles en sont les conséquences non plus à court terme, mais à moyen ou long terme ?) et leur identité (quand ils ne l'ont pas perdue comme Jason Bourne et Edward Wilson, ils s'en sont vu attribuer une nouvelle - Spiderman et Wolverine). L'utilisation de la force brute comme moyen d'action unique ne suffit plus, et même Wolverine semble s'en rendre compte, lui qui est qualifié d'animal par son créateur.

L'Amérique se cherche, et si les ficelles sont parfois "juste énormes" comme dans Spiderman 3 ("le bon moi contre le méchant moi"), elles peuvent aussi être plus subtiles comme dans The Bourne Ultimatum, où j'interprète la scène dans le labyrinthe de Tanger comme une quête identitaire - le labyrinthe étant souvent la représentation du chemin parcouru par le profane pour devenir initié. Ce n'est donc pas un hasard si Jason Bourne "meurt" à la fin de cette course-poursuite et que la victime qu'il était alors se transforme en chasseur. C'est en vainqueur qu'il revient à New York, utilisant une identité connue de ses ennemis. Identité qui permet l'indentification (!), l'anticipation de ses poursuivants, mais aussi l'échange, puisque c'est par elle que la bonne conscience de la CIA (Pamela Landy) entrera en contact avec Jason Bourne et lui révèlera d'ailleurs son vrai nom, David Webb.

Enfin, la réflexion va plus loin, puisque non content de découvrir son identité réelle, David Webb se retrouve aussi face à ses responsabilités antérieures. C'est en effet lui qui a décidé de devenir Jason Bourne, et les remords qu'il peut avoir aujourd’hui ne pourront effacer sa responsabilité vis à vis de lui-même et de ses employeurs. Idem pour l’Amérique, qui est en partie responsable de ce qu’elle est aujourd’hui, et des choix qu’elle a fait dans le passé.

Dernière image symbolique : après avoir permis un "nettoyage" complet de la CIA (oui oui, les méchants iront en prison !), le héros meurt et renaît une nouvelle fois, lavé de ses "péchers" par l'eau de l'Hudson... décidément, les assimilations avec notre héros catholique ne manquent pas ! Je ne serais pas surpris d'apprendre que David Webb avait 33 ans cette année... Quoi ? Il est dit dans le film qu'il est né en 1974 ?!

J'ai oublié de parler de Néo ! Mais pour le coup, la quête d'identité (Thomas Anderson - Néo), le questionnement sur la mission qui nous est attribué, et la fin plus que christique sont de manière évidente la mise en image d'une société en quête de but, voire de spiritualité. Et ce n'est pas parce que le premier opus est sorti avant le 11/09/01 que la corrélation est moins pertinente...
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Publié dans Culture

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A
Là c'est sur que j'ai pas vu ce film là. Il y a deux films avec Matt Damon en ce moment ou quoi?
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E
Ce doit être ça... ;-)
M
Tu pourrais prévénir tes lecteurs de ne lire que s'ils s'ont déjà vu le film !!! du coup ça perd un brin de son intérêt....
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E
Marco, tu le fais exprès ? C'est la première phrase de l'article !!!! Elle apparait en orange en plus ! Bon je la passe en rouge et en capitales...