Ma 6-T va crack-er
En cette fin de mois agitée, alors que la fameuse « crise des banlieues » refait son apparition et que les mots « jeune » et « flic » claquent à nouveau comme des insultes, NP vous encourage, avant toute conclusion hâtive, à (re)découvrir le deuxième film de Jean-François Richet, Ma 6-T va crack-er, sans doute l'un des témoignages les plus crédibles du climat social tendu qui règne dans certains quartiers. Sorti en salles en 1997, ce long-métrage a été rapidement mis à l’écart par les circuits de distribution, effrayés par sa mise en scène rageuse et subversive. Et pour cause : encore aujourd’hui, malgré ses dix ans, le film n’a rien perdu de sa dureté. À la différence du célèbre film de Matthieu Kassovitz, La Haine, plus léché, plus construit, Ma 6-T va crack-er se veut en effet un état des lieux brut de décoffrage, sans concession aucune. Le film, aux aspirations révolutionnaires, dresse un bilan sombre et sans appel des politiques de la ville menées ces dernières décennies. Au pied des barres, la violence est désormais sommaire, idiote et omniprésente ; les enfants ne se parlent plus, ils se tirent dessus. A ce titre, Ma 6-T va crack-er est un film tristement visionnaire.
En bonus, les quinze premières minutes du film:
En bonus, les quinze premières minutes du film:
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