Loi morale et loi politique

Publié le par Eliot

Dans certains de ses articles (et notamment et ), Newspepper a toujours cherché à prendre du recul sur l'actualité, à se méfier des diabolisations et de la « bien pensance » générale. Bon ok, c'est un peu ce que chaque bloggeur s'efforce de faire, mais tout le monde n'y arrive pas aussi bien que nous  ;-)

C'est en lisant un article rédigé par Mezetulle (blog que je consulte régulièrement et qui est depuis pratiquement les débuts de NP dans la liste des liens à gauche, si si !) que j'ai pris conscience de deux choses :
1- c'est tout de même plus facile d'écrire un article intelligent et structuré quand on a le vocabulaire et la culture qui va avec !
2- ce que NP cherchait à mettre en avant dans ses articles est en fait décrit de façon clair par Mezetulle, à savoir : une confusion entre loi morale et loi politique.

Si j'ai bien compris, voilà comment je vois les choses aujourd'hui : il semble que le poids du politiquement correcte soit de nos jours si important qu'il se suffise à lui même pour agir comme une loi politique, alors qu'il n'est que moral.
Ainsi, fumer, voter FN, etc. est moralement répréhensible. Mais c'est autorisé par la loi (ou du moins pas interdit) car nous vivons en démocratie, et que les opinions, même les plus extrêmes, sont tolérées.

Mais l'espèce de « tyrannie de la consensualité » qui s'empare de la masse depuis quelques années agit de telle manière que, maintenant, il faut se cacher quand on fume, quand on ne mange pas équilibré, quand on est hors norme. Un peu comme si, la télé et les médias nous donnant tous les outils pour entrer dans le moule "éthique" (si tant est que manger équilibrer, faire du sport, ne pas détruire sa santé, etc. soit éthique !), ne pas y entrer c'est être proscrit. Etre hors norme est être hors-la-loi morale dans la théorie, politique dans les faits (les petites annonces d'employeurs mentionnant "fumeurs s'abstenir" en sont la preuve).

En effaçant les frontières entre politique et morale, la société se bipolarise, puisque ceux qui ont la morale pour eux auraient également le droit pour eux. Les autres n'ont plus que des devoirs, des comptes à rendre, une pénitence à assumer. Le paroxysme est atteint quand des gens vont manifester et casser des vitrines sous couvert du droit moral après un résultat d'élection démocratique (en 2002 ou 2007). Ils s’accaparent la loi politique sous prétexte d'avoir la morale pour eux. Ils deviennent tyrans à la place des tyrans qu'ils sont les seuls à considérer comme tels. Pourquoi ? Parce que la morale n'a souvent guère de nuances, et qu'il est facile, quand on (soi-disant) se bat pour elle, de considérer que ceux qui "ne sont pas avec moi sont contre moi ".

Guère étonnant, après cela, de constater que le PS ait fait sa campagne sur la diabolisation de la concurrence, et ça a faillit marcher...
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Publié dans Polémique

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B
je me suis dit apres coup que mon commentaire était un peu dur....
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E
Pas de problème, ce sont les risques du direct !
B
On se demande ou ton post va te conduire, et puis... à la fin on comprend mieux : tout ça pour rappeler que, morale ou pas morale, politique ou pas politique, loi morale ou pas loi politique (ou les deux, ou l'inverse) (oui, comme tu le vois, j'ai pas compris ton post), tout ca pour rappeler, donc que la gauche est pourrie et que heureusement que la droite a gagné contre la vilaine gauche qui a  été méchante.tu as au moins le mérite de la constance ;-)
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E
Bon ok , je reprends !!!1- L'article commence par une réflexion sur une confusion entre loi morale et politique. Elle s'applique à la société et à son mode de fonctionnement. Elle n'est au début en rien lié au Politique. C'est uniquement une réflexion sur les relations qu'entretiennent les gens dans la société moderne, sur l'espèce de consensualisme générale, la "bien pensanse", le politiquement correcte.2- C'est en écrivant le post que je me suis rendu compte qu'on pouvait étendre la réflexion aux comportements des politiques. Et qu'en toute logique, une attitude qui se repérait dans la "masse" touchait forcément le Politique, en ce sens que soit il a le même comportement, soit il l'utilise pour convaincre la "masse". Après n'étant pas de gauche, je l'ai forcément adapté de façon pro-UMP, mais ce n'est pas le fond du sujet. 3- Le fond du post est plutôt un début d'étude sur la façon qu'on a de "tyranniser" son voisin s'il ne fait pas "bien" comme nous. Si quelqu'un fume, ne fait pas de sport, dis franchement ce qu'il pense, ne vote pas "comme tout le monde", n'aime pas tout le monde, etc., il est alors automatiquement traité d'intolérant par une masse qui en fait l'est elle-même. Une masse qui ne supporte pas/plus la différentiation et cherche à assimiler tout à chacun. Donc cette réflexion, qui a commencé dans des posts précédents, va en fait plus loin qu'un énième article anti-Ségo, et c'est pour avoir des avis sur le fond (et non les exemples) que je l'ai posté (d'où ma réponse à Aérobar).Ceci dit, je concois que l'article soit un peu brouillon... mais comme précisé, c'est un début de reflexion...
A
Il y a entre dix et vingt millions de citoyens qui ont voté pour un(e) candidat(e) non élu(e) aux présidentielles ou aux législatives passées, mais une très faible proportion d'entre eux ont cassé des vitrines ! Quant à la diabolisation du parti opposé, c'est du grand banal. La droite (et notamment le Figaro) a longuement utilisé le terme de "socialo-communistes" pour désigner les différents gouvernements de Mitterrand, alors même que les ministres communistes en avaient disparu depuis longtemps.
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E
Bon, je concède que l'extension de mon analyse au champ politique est un peu "brute de décoffrage", mais en 2002, il me semble que ce sont plusieurs centaines de millier de personnes qui ont défilé...Pour ce qui est de la diabolisation du PS, en effet, la diabolisation de l'adversaire est une tactique de campagne. Mais c'est sensé n'être qu'une tactique parmi d'autres, et non remplacer un programme, ce qui semble s'être passé en 2007...