La Gauche face à la Gauche
S’il est un parti à qui la crise profite, c’est bien le PS. Dans un contexte international totalement morose, où les licenciements se comptent par milliers, il est de bon ton de critiquer le gouvernement en place et de lui attribuer la responsabilité de tous les maux.
Si en plus on peut lui coller quelques grèves dans les dents, et foutre encore plus le boxon économique, ce serait dommage de se priver ! Pour ce qui est des conséquences sur les travailleurs lambdas (= non fonctionnaire, potentiellement au chômage, et vraiment emmerdé par ces mouvements soi-disant sociaux), qui comme à l’accoutumé, vont payer les pots cassé, permettez moi l’expression, mais on s’en tamponne !
Et ce d’autant plus lorsqu’on est en proie à des guerres intestines, et si, cent fois n’est pas coutume, on a pas de programme clair autre que « Il faut changer », « Il faut rénover », « Tout sauf Sarkozy », « Pendons les hauts et court ».
La situation du PS est tellement pathétique qu’on a droit à des commentaires extrêmement stratégiques et porteurs de projets tels que « Le PS est le premier parti qui sera dirigé par une femme ». Si ca ce n’est pas signe de modernité, j’ai plus qu’à manger mon clavier ! Un peu comme quand Ségolène disait, en 2007, de voter pour elle parce que c’est une femme. (Heureusement, cela n’a pas duré !). C’est comme dire qu’Obama est passé parce qu’il est noir… Une analyse bien franco-française-culpabilisons-encore-un-coup-mon-frère-déclarons-nous-racistes-et-battons-nous-la-coulpe-en-chœur, qu’on ne retrouve pas dans les journaux étrangers, pour qui Obama a été élu autant par des afro-américains que par des blancs, des hispaniques, des jeunes, des vieux, des cadres, des ouvriers, etc. et qui a surtout séduit pour sa rupture avec Bush et du fait que Mac Cain se soit planté en septembre quand il annonçait pouvoir résoudre la crise…
Le PS donc, qui, n’ayant toujours pas tiré les leçons de 2007, sombre dans une guerre des personnalités digne d’un Lénine vs Staline, où les mystifications valent mieux que les vrais projets.