Démocratie Totalitaire

Publié le par Eliot

Impossible ? Pas tant que cela ! Dans une société qui crache sur ses élites, dénigre ses politiques (voir aussi ce billet), fais la part belle à des quidams dont les exploits grammaticaux défraient la chronique ("Ile de la Tentation " et autre "Loft"), et où les politiques se voient faire campagne dans les journaux people aux côté de peoples (merci Johnny !), il ne faut plus s'étonner de rien !

 L'information nous arrive en masse, mais, pris par son "haut débit", nous ne prenons plus le temps d'analyser. Nous engrangeons à tout va, mais, faute de prise de recul, la réflexion est lésée, au profit du ressenti. On en vient à penser et parler avec ses tripes. L'image remplace les mots, à l'exemple de ces nouveaux magazines "BD" qui se composent à 60% d'images et 40% de rédaction (programme TV inclus). Il importe plus d'être bien perçu que d'être bien compris, et les présidentiables ne l'ont que trop bien saisi.

 Cette société, où l'individu n'a que des droits et aucun devoir (si ce n'est envers les "victimes" = environnement menacé, citoyens délocalisés, SDF, tsunami et autre Katerina, si possible bien loin de chez soi, comme cela, un simple chèque suffit à s'acquitter de ses devoirs...), où on donne autant la parole à Mme Michu qu'à un professeur ès Economie pour juger et décider d'une politique nationale, n'est peut-être pas un régime totalitaire, mais le résultat est presque identique : le Politique se voit contraint de penser à court terme, tente de satisfaire tout le monde (ce qui est bien sur impossible) et fini par ne rien faire. Le terme qui défini ce régime, je l'ai lu hier dans l'édito des Enjeux de septembre (dont je recommande la lecture) : "Michucratie": "le gouvernement de madame Michu, "experte légitime" en tout" (F. Lenglet, p.7). (Tiens, l'utilisation à tout va du terme "légitime" vaut à lui seul un billet... à suivre!).

 


 

L'aboutissement de la Michucratie : en lisant ce matin dans Le Parisien que monsieur Jospin allait très probablement se présenter comme candidat socialiste à la Présidence, je me dis "Pourvu qu'ils n'envoient pas deux candidats aux législatives !" Sinon, nous aurons droit à un remake de 2002...

 

 

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Publié dans Actu

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L
Remarques pertinentes !Le problème n'est pas en effet que Madame Michu s exprime, mais plutôt la façon dont son discours est traité.<br />  <br /> <br /> En ce qui concerne les élites, je pense que le problème est un peu différent. La France est tout de même le seul pays où les gens ont honte de réussir professionnellement et de gagner de l argent (même si cela change un peu). Par ailleurs, les différents scandales qui ont pu éclabousser le monde politique ou intellectuel ne sont pas pour un retour en grâce de ces derniers, et ont promulgué l idée que pour réussir, il fallait forcement échanger quelques pots de vin...
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T
Retour sur la Michucratie:Un régime où l\\\'avis de chacun a le même poids - comme par exemple en démocratie directe - n\\\'est et ne sera jamais viable politiquement, on le sait. Si tout le monde avait son mot sur tout, quelle cacaphonie! Sans oublier des changements de politique et de gouvernements incessants, à la recherche d\\\'un consensus impossible. Comment gérer alors un pays sereinement? En plus, c\\\'est créer un terreau favorable à l\\\'éclosion de pouvoirs dits "forts" où le silence et les couvre-feus sont très demandés. Pour un mot de trop, Mme Michu finirait en prison. Car la liberté d\\\'expression, même pour dire ou lire des conneries, est trop précieuse! Si Mme Michu a quelque chose à dire sur l\\\'économie de la France, c\\\'est son droit le plus sacré; et ses représentants élus - le député mais aussi le Président - ont le devoir de l\\\'écouter. A eux d\\\'avoir l\\\'intelligence, d\\\'en prendre compte ou pas. Le problème au final ne vient donc pas des discussions de comptoir de Mme Michu, de où se situent ses droits et ses devoirs, mais d\\\'une classe politique qui confond commérage et démagogie avec débats construcifs et projets pour l\\\'avenir.Si la France d\\\'aujourd\\\'hui crache sur ses élites, c\\\'est aussi parce qu\\\'elles n\\\'en sont pas, des élites.
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